Je me force à faire attention à moi et aux autres, mais je fais attention à prendre du temps pour moi, c’est très important c’est un long chemin.

Bonjour Magali, parlez nous de vous, qui êtes vous ?

Bonjour, je m’appelle Magali Cuinet, j’ai 42 ans, je vis à Malange dans le Jura en Franche-comté.

Je suis la maman d’un enfant de 8 ans polyhandicapé, et d’un deuxième de 13 ans.

Quel métier exercez vous ? Avez vous toujours fait cela ? Et si changement pourquoi cette reconversion ?

Je suis aidante familiale de mon fils, cela n’est pourtant pas toujours reconnue.

Mon fils est devenue polyhandicapé suite à 4 AVC, durant sa première année de vie. Il avait neuf mois quand nos vies ont basculées.

Auparavant, j’étais monitrice d’auto-école, j’ai tout quittée et démissionnée pour m’occuper de Léo, il avait un emploi du temps rempli je ne pouvais cumuler les deux.

Je n’avais pas le choix, c’était devenu compliqué a gérer, et je voulais être présente et m’occuper des soins, de la prise en charge globale de mon fils.

Quel impact cette nouveauté de vie ou ce changement à eu sur vous, votre vie de femme ou de famille ?

J’ai dû déménager, je vivais dans un duplex mais il n’était pas adapté pour un fauteuil, il nous fallait un lieu de vie aménagé .

Après tout ces avc, j’avais envie d’un nouveau départ, on voulait tout reprendre à zéro.

Bien sûr que ça a été un tsunami, avoir un enfant dit “normal”, se retrouver du jour au lendemain dans le monde du handicap n’est pas anodin.

Je me sens plus riche intérieurement, j’ai beaucoup appris sur moi même et sur la vie.

Je me force à faire attention à moi et aux autres, mais je fais attention à prendre du temps pour moi, c’est très important c’est un long chemin.

Vous avez récemment parcouru l’aventure Handichien, que pouvez vous nous dire sur ce parcours, quel changement cela a apporté à votre quotidien ?

J’avais fait un dossier il y a déjà deux ou trois ans, J’attendais avec impatience de faire le stage que tout commence.

J’avais lu des témoignages, des enfants qui n’arrivaient plus à dormir la nuit, le chien leur apportait beaucoup d’apaisement, j’avais l’espoir que mon fils puisse lui aussi passer de meilleurs nuits.

Je savais que ça nous apporterait de toute façon bien plus de belles choses.

Ce qui a changé, je n’ai plus besoin de me baisser, dès qu’il voit quelque chose tomber même si ce n’est pas un jouet de Léo il me l’apporte, j’ai plus mal au dos, pour ca mais aussi ça me soulage, parce que je n’ai plus à porter Léo chaque nuit pour qu’il s’endorme.

J’ai eu une hernie discale en 2010, avant que mon fils naisse, depuis mon dos reste sensible, il faut que je fasse attention et avant que oslo, notre handichien, arrive je commençais à prendre peur de plus y arriver.

Mon Léo est plus éveillé, il me rappelle si j’oublie de dire par exemple “tête” lorsque oslo doit mettre son harnais ou sa cape, il s’éveille aussi en intelligence, même en une semaine la kiné le voyait changer niveau communication.

J’ai plus de ménage, et j’ai toujours l’impression de sentir le chien, (rires) mais je ne regrette pour rien au monde, car oslo est notre miracle, pour la première fois depuis 8 années on peut dormir.

Pensez vous que elna international a une pensée correcte quand elle pense que chacun peut changer la face du monde à sa manière, et que indirectement tant que l’on pensera que notre vie n’est pas intéressante les choses bougeront pas ?

Bien sûr, il faut que chacun s’intéresse au autres, en faisant des choses positives pour changer ce qu’il ne va pas .

Pour aider son prochain il faut déjà s’aider soi même, c’est aussi dans cette même démarche que je suis animatrice bénévole de radio. Mon émission s’appelle autour du handicap, je ne suis pas payée, je veux juste donner la parole à ceux qui en ont besoin.

Comment vous voyez l’avenir , en tant que femme de demain ?

J’espère de l’avancement dans le regard du handicap, que tout harcèlement où méchancetés, moqueries en générales diminuent.

J’aimerai que l’amitié, l’amour prennent plus de place dans la vie de chacun.

Vous avez eu du courage, de l’espoir pour changer votre vie quel conseil donneriez vous à ceux qui vous lisent ?

Il faut savoir s’écouter, et sentir quand c’est le moment de foncer.

Tout d’abord, il faut croire en soi, nous avons plus de ressources que nous le pensons, suivez votre cœur.

Si l’enfant de 10 ans que vous étiez vous regarderai aujourd’hui que dirait il ?

Tu vas en baver, armes toi de ton amour et fonces,

Si tu peux éviter les avc de ton Léo fait le, mais sache qui te fera voir la vérité sur la vie, il te fera comprendre ce que beaucoup ne sauront jamais.

Elna international souhaite montrer à ses lecteurs que demain se construit par chacun, quelque soit son métier son rêve, son ambition, sa classe sociale, ou son ethnie, pensez vous que se reconnecter en racontant l’histoire de chacun, pour qu’on se sente plus proche de son voisin peut donner confiance et courage à ceux ou celles qui ont perdu espoir ?

Bien sûr, ça permet de voir la souffrance des autres leur réussites leur vies, de ne pas parler sans savoir, de donner espoir et courage.

Pour finir en un mot , que diriez vous à nos lecteur sur votre vision du monde de demain ?

L’espoir .

Auteur

Hélène Bonnaud


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