Porter un masque n’empêche pas de respirer, ne pas aller faire les magasins n’empêche pas de vivre, ne pas aller au resto n’empêche de manger (faites vous livrer…), par contre ne plus pouvoir respirer empêche de vivre.

Bonjour Amandine, quel métier exercez vous ?

Mon métier est cadre de santé, dans la fonction publique hospitalière.

Je manage des équipes paramédicales et j’organise les différents changements.

Avez vous travaillez durant cette crise sanitaire, racontez nous comment vous l’avez vécu, quesque vous avez ressentie, et surtout qu’es qui a changé pour vous ?

J’ai travaillée pendant la crise sanitaire.

Je l’ai au début très mal vécu, j’avais l’impression au niveau personnel d’abandonner mes enfants pour aller au travail…

je m’en voulais de peut-être leur transmettre le CoVid. Je n’étais ni en sécurité au travail ni dans ma famille. C’était très inconfortable comme situation. Je l’ai détestée.

De plus l’organisation pour la garde était très dur.

Au travail, il y avait beaucoup de pression psychologique, et quand je rentrais lessivée de 10/12 h de travail, je n’arrivais pas à avoir de la tranquillité et sérénité. J’avais peur de rendre malade ma famille.

Ce qui a changé, c’est ce sentiment d’impuissance, de protection pour mon homme et mes enfants que je n’avais jamais ressenti aussi fort et aussi longtemps.

Après quelques semaines, ce sentiment de culpabilité a un peu disparu.

Quel conséquences cela a engendrée durant cette période sur votre travail ou votre entreprise ?

Au centre hospitalier il a fallu faire, refaire, défaire toutes les organisations. C’était usant. Faire travailler des agents pendant 12h à des rythmes parfois soutenus en essayant de toujours garder force et positivité.

En faisant croire parfois que tout est maitrisé pour ne pas les inquiéter. Déjà qu’eux étaient inquiets par la situation, le risque d’attraper le virus et de le transmettre à leurs proches.

Estimez vous avoir été assez valorisé et reconnu pour l’effort fourni dans ces moments difficiles ?

Je n’ai pas été reconnue pour les différents efforts. Le travail de cadre est un travail ingrat et non reconnu. Et pourtant nous avons un rôle important dans ses crises sanitaires.

Par exemple, j’ai donnée pendant plus de 4 mois, sans m’arrêter. J’avais souhaitée prendre des vacances en juillet elles ont été refusées puisque d’autres sont en arrêt. Ceux qui restent doivent tenir et toujours tenir.

On parle beaucoup du covid, vous en pensez quoi ? Comment vous voyez l’après covid ?

Le CoVid est un virus duquel il faut se protéger. Ne pas stigmatiser et ne pas vivre dans la peur, mais vivre dans la prudence.

Pour l’instant pas d’après CoVid à voir. Je ne sais pas. Plus (+) un nouveau confinement à prévoir.

Vous qui étiez en première ligne de cette crise sanitaire quel conseil donneriez vous ?

Protégez vous, pour vous et vos familles.

Porter un masque n’empêche pas de respirer, ne pas aller faire les magasins n’empêche pas de vivre, ne pas aller au resto n’empêche de manger (faites vous livrer…), par contre ne plus pouvoir respirer empêche de vivre.

Si vous êtes porteur et que vous n’avez aucun symptôme tant mieux mais pensez qui vous contaminerez (un père, une mère, un ami, un enfant… et qui eux ne pourront plus vivre).

Est ce que cela va changer votre vision de l’avenir ou votre vision du métier ?

Ma vision de l’avenir non je suis quelqu’un qui naturellement profite de la vie et est optimiste.

Par contre ma vision du métier oui. Je souhaite me reconvertir. Je ne sais pas encore dans quoi, mais je verrais.

J’espère que d’ici deux ans je ne serais plus à l’hôpital.

Pour finir que diriez vous à nos lecteurs sur ce moment vécu et a venir ?

Prenez soin de vous, profitez de la vie et protégez vous.

Les prénoms ont été modifié pour le confort anonyme de notre témoin .

Auteur

Hélène Bonnaud

Catégories : Témoignages

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