Une lune dans une main

Le Covid-19 a eu ses effets sur ma particularité. Ça a énormément bouleversé mes habitudes. Ne plus être libre de ses endroits favoris lorsqu’il y a eu le confinement, les magasins qui ont subitement fermés, la cessation de mon travail. Ça été très dur à encaisser. J’ai été hospitalisée durant le confinement dû à une crise.

Bonjour je m’appelle Manon, j’ai 23 ans je travaille dans l’aéronautique. Je suis dans le service qualité, dans les bureaux. Je contrôle des pièces et les certificats de conformité des pièces pour ensuite les envoyer en production.

Je reçois les pièces par plusieurs fournisseurs. Je vérifie qu’ils soient en norme dimensionnelle, aspect, certificat de traitement, peinture, matière conforme à nos exigences.

J’ai été diagnostiquée autiste à l’âge de mes 6 ans, en première année d’école primaire.

Ma Scolarité a été très chaotique pour ma part. De la maternelle au collège. J’ai subie énormément de choses.

Des moqueries, du harcèlement, un échec scolaire. De plus, mon entourage ne m’aidait pas vraiment.

J’avais un entourage proche très toxique je dirais, je n’ai jamais eu de suivi médical.

J’ai été plutôt mise de côté, mon frère était déjà adolescent donc totalement autonome.

Je n’avais pas d’aide pour faire mes devoirs à la maison, je devais me débrouiller toute seule pour mon éducation. Je n’avais aucunement les codes sociaux, alors je me comportais comme une sauvage, en frappant mes camarades.

Oui, j’ai eu la chance de ne pas avoir de déficience intellectuelle lié à mon autisme.

Du coup, malgré toutes ces choses chaotiques, j’arrivais tout de même à avoir un certain niveau scolaire, à m’instruire à la maison, je suis autodidacte. Je pense que c’est surtout ça qui m’a sauvée.

Le Covid-19 a eu ses effets sur ma particularité. Ça a énormément bouleversé mes habitudes. Ne plus être libre de ses endroits favoris lorsqu’il y a eu le confinement, les magasins qui ont subitement fermés, la cessation de mon travail. Ça été très dur à encaisser. J’ai été hospitalisée durant le confinement dû à une crise. J’ai eu un traumatisme crânien. Je me suis frappée à plusieurs reprises sur la tête. (Acte typique de mes crises mais depuis l’hospitalisation, ça m’a un peu calmé)

Par la suite, j’ai pu reprendre mon activité professionnelle mais de court terme. C’est-à-dire, j’ai repris tout début juillet et ce, jusqu’au 31. Je n’ai plus de stabilité professionnelle.

Me blesser sur le moment, c’est un moyen de calmer mes crises de nerfs je suppose, je n’arrive pas à détecter lorsque je commence à être en colère, je le ressens quand je commence à crier et être très agitée.

Plus jeune, je cassais tout ce que je trouvais sur mon chemin, maintenant je m’en prends à moi principalement, j’hurle et je tourne en rond.

C’est ingérable ces situations, après je suis épuisée physiquement et mentalement.

Je ne suis pas dans ces états pour “rien”. Parfois ce sont des choses qui me poussent à bout, si je suis tranquillement entrain de faire mes affaires dans mon coin, je ne me mettrais pas soudainement en colère, je ne dis pas non plus que tout est de la faute des autres.

Ça dépends de qui se trouve en face de moi lors de ces moments.

Par exemple :

Si c’est la personne avec qui je suis en couple, elle peut me prendre dans ses bras et me serrer contre elle.

Si c’est un collègue, une connaissance, ou même un inconnu, alors il ne faut absolument pas me toucher, ni être trop proche de moi.

Mes crises peuvent varier. Je peux entendre les sons extérieurs, comme être juste dans mes pensées, et ne rien entendre.

Si je suis focalisée que par mes pensées, l’idéal serait d’appeler la personne avec qui je suis en couple ou me laisser m’épuisée.

Je ne sais pas vraiment si le monde de demain pourra évoluer.

C’est tellement compliqué. Les gens manquent cruellement d’ouverture d’esprit, j’ai dû mal à me projeter dans l’avenir par rapport à ce sujet, l’handicap est une différence, la différence fait peur aux gens.

Mais oui, je pense qu’il faut des témoignages, ça peut aider un minimum, et surtout faire comprendre ce que c’est l’autisme. Les formes d’autisme, Léger, modérée, sévère…

Les gens ne connaissent pas vraiment, j’aimerais que dans un proche avenir que l’autisme soit un peu plus intégré, quant à l’accepter, tout dépendra des gens.

Ils auront connaissance de ce syndrome, cet handicap avec un peu plus de savoir à ce sujet, et ne penseront plus que c’est une maladie.

Si je devais voir la petite fille que j’étais, je lui dirais : ton entourage ne t’a absolument pas aidée, mais grâce à ta motivation et ta persévérance tu vas t’en sortir !

Pour conclure, je ne sais pas si je suis en mesure d’avoir des amis, je ne sais pas si j’arriverais à suivre une cadence amicale. C’est-à-dire, avoir une régularité sur les échanges virtuels, se voire régulièrement, je ne sais pas si ça pourrait m’ennuyer.

Je pense qu’il faut vraiment avoir plusieurs points en commun pour choisir son/ses amis, je me suis inscrite à une association d’astronomie, elle ouvre en septembre, elle était fermée dû à la crise.

Peut-être que là-bas, je pourrais me trouver des amis, et faire évoluer mon entourage.

J’aimerai finir sur un mot, le défi.

Parce que pour moi l’autisme, c’est des défis au quotidien, tout au long de la vie. Sur le plan personnel, professionnel, social, relationnel.

Auteur

Hélène Bonnaud

Catégories : Handicap Maladie

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