Depuis des années nous sommes conditionnés à un schéma sociétale qui impose un style de vie communautaire. J’ai dès mon plus jeune âge était en marge des cases dans lesquelles il fallait rentrer pour appartenir à la bonne classe sociale. Certainement ce côté rebelle qui exprime cette contradiction perpétuelle de m’opposer à la majorité de l’opinion publique.

Pour ceux qui suivent mon parcours depuis des années, vous avez connu la femme frêle, perdue dans un monde dans lequel elle ne trouvait pas sa place, et se demandait si demain était vraiment essentiel sur son chemin.

La vie avait fait de moi une survivante, j’avais grandie dans un enfer ou même le diable prenait note du démon qui me gardait. Pourtant j’avais évolué dans les flammes de ce paysage psychologiquement désastreux ou régnait violence haine maltraitance et sévices, on est loin d’une belle enfance ou la petite fille aux tresses nouées se réjouissait de courir dans de belles robes, dans des champs de blés interminables.

Les années avaient défilées, pourtant on découvre que cette perdition en moi n’a fait que monter d’une façon exponentielle, évoluant dans la drogue, l’alcool, l’hyper sexualité, un schéma d’autodestruction ou seule l’oubli était la meilleure des raisons.

L’arrivée de mon fils avait bouleversé ma vie. Il fallait plus s’occuper de moi mais aussi de ce petit être fragile qui n’avait pas demandé à arriver dans un monde aussi chaotique soit il.
Il aura fallut sortir de la rue et ses rouages, s’installer et créer un cocon de sûreté pour ce bébé.

Il était temps de dire stop à cette vie sulfureuse, pourtant le calvaire n’était pas fini, il faudra tout autant d’années pour fuir la violence conjugale et tout ces démons tout aussi théâtrale.
On me reprochait mon départ tardif, mais autant je devais assumer la maladie de mon fils, que la culpabilité d’avoir échoué dans cette famille que j’ai construite, mais qui aux yeux de tous était juste à mon image, totalement brisé.

L’autisme et le syndrome Dandy-Walker de mon fils m’ont ouvert sur un monde que je connaissais pas, franchir les portes d’un monde parallèle mais tellement si proche ou face au handicap on se sent si vulnérable, si petit devant la grandeur et la force de ses petits êtres. On a connu les annonces froides des médecins, les services de réanimation prédisant une fin, un combat ou j’ai monté une association, et ouvert mon regard sur des personnes, des choses qui ont embellit ma vie.

Se retrouver seule depuis 6 années à été au début un long combat avec moi-même, il y a eu les jugements d’une société non inclusive, avec les regards et commentaires déplaisants, d’une mère célibataire avec 2 enfants, catégorisé dans une classe précaire ou l’étiquette est révélée.

Puis vient en rappel mon rêve de petite fille, une révélation lors d’un voyage scolaire en primaire, ou j’ai fait la rencontre d’une ville, Clermont-Ferrand et ses Volcans était devenus un objectif de vie, il n’y a pas de rêves trop grands, mais des barrières trop petites que l’on peut repousser.

Il y a 4 ans ma vie a pris un tournant, je ne pouvais plus être cette jeune fille au destin brisé, je voulais plus, tellement plus, une vie, une carrière, un espoir de quitter Hier et créer demain, j’ai le souvenir de cette nuit ou j’ai quitté ma tendre catalogne pour une nouvelle histoire, avec sous le bras mes enfants, et l’envie de recommencer une nouveauté avec de la qualité.

J’ai de suite pris mes marques dans cette ville ou le tout était possible, j’étais à des kilomètres de mon passé avec la possibilité d’être et faire la totalité de mes envies.
A l’approche de mes 30 ans, je n’avais pas envie d’avoir le maigre constat d’avoir échoué toute une vie, beaucoup m’ont admiré par la force de me battre seule, créer des concerts, contacter le Président, faire bouger une société lente face à une inclusion scolaire inexistante.

Après des réussites comme le permis, l’école, la volonté du maire de Clermont-Ferrand, notre famille a connu un tournant plus serein, pourtant je sentais ce vide en moi, qui grandissait comme si ma vie ne me convenait pas. Des combats auxquels j’ai pris position, parce que la parentalité c’est aussi la remise en questions, les disputes, et pour l’autre parti l’abandon.

Il y avait ce manque perpétuel en moi d’amour, ce sentiment que je connaissais à moitié ou seul les aventures passagères me réconfortait sur l’espace de quelques moments saccadés.
J’ai longtemps cheminé dans cette précarité par habitude, peut être que dans la médiocrité on finit par s’y complaire après une longévité de la situation, pourtant il fallait que ça cesse et que je devienne enfin un moi, pas un moi qui convient aux autres, mais dans lequel je me repère dans cette identité oubliée depuis tant d’années.

C’est parfois dur de se construire, de se réparer quand on a été brisé par un passé qui a fait que nous condamner, de se trouver dans une société en marge ou tu as été oublié, je pense en ces 4 Années avoir fait le plus dur, le plus long, mais aussi le plus beau des voyages, ou la destination était la rencontre avec moi-même, je me suis découverte, apprécié, aimé, et j’ai appris à être moi, en accord avec ce que je voulais être, et non de ce que l’on pouvait attendre de moi.

Il y a une chose que je pourrais exprimer, pour résumer cette nouvelle période de ma vie, l’acceptation de soi, d’une vie. J’ai compris que la vie n’était pas un combat mais mon amie, une alliée fidèle dans la vie. Plutôt qu’en être la guerrière d’une lutte acharnée, je l’ai accepté avec ses failles, sa beauté, sa fragilité, ses faiblesses, et sa force. J’ai compris que je ne pouvais pas changer ma propre personnalité, mais que je pouvais changer ma perception de mon propre regard sur moi, afin de le faire évoluer pour autrui.

La solitude effraie, mais se sentir seul dans une famille l’est encore plus. Moi j’ai adopté mon mode de vie, mes amis, ma musique, mes livres, mes enfants qui sont les acteurs principaux de ma vie. Ce n’est pas si différent que de faire son chemin à plusieurs. Il suffit juste de se dire, que cette image familiale parfaite et inculquée ne rends pas si heureux. Que ce qui nous rend heureux finalement, c’est sa propre vision, et appropriation du bonheur, sans comparaison de l’autre.

Les Multiplumes d’Elna


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