C’était un jour de semaine banale, rien d’anormal dans le quotidien de cette jeune romancière, elle
avait l’habitude d’écrire d’un humour fantasque les plus illusoires désirs des femmes, elle écrivait du
dramaturge, de la romance érotique, de la prose parfois allant jusqu’à affirmer sa plume en servant
des causes qui lui tenaient à cœur.


On connaissait cette frêle jeune femme par son excentricité, sa joie de vivre et son humeur égale,
écrivaine contemporaine elle prônait un accès à la culture pour que chacun ait un libre choix d’exprimer sans barrières ses opinions, elle aimait rassembler et humaniser la différence en rappelant l’unité de l’humanité, souvent elle avait cette folie utopique de croire que la beauté se cachait dans les infimes parties du monde les plus retirés et abîmés.


Elle avait l’habitude d’être interpellée par son écriture qui poussait à la réflexion, elle qui prônait la
liberté de la femme n’avait que faire de ceux qui n’y voyaient que légèreté, beaucoup d’âmes ignares pensaient que parce qu’elle écrivait sur la sexualité elle en quémandait ou en faisait autant, alors qu’elle faisait juste voyager les esprits les plus frivoles.

Elle sortait peu, sa solitude lui procurait plus de sécurité, pourtant lors d’une soirée de popularité
elle avait conversé avec un inconnu, un inconnu qui partageait un attrait certain pour le partage de
savoir et la curiosité du monde qui l’entourait, une ouverture et un mélange divers de discussions
qui lui avait valu de lui accorder son attention.


Il l’a donc recontacté et proposé un rendez-vous, chez lui ou chez elle, elle pensait seulement à
converser autour d’un café, et continuer l’échange littéraire qui avait instauré ce contact, elle lui a
donc proposé de passer le temps d’un thé, une fois la porte de l’appartement fermé elle ne se
doutait pas que le reste de sa journée allait basculer.


Il s’est approché d’elle lui frottant les fesses et cherchant à l’embrasser, elle s’est esquivée une première fois en allant faire un thé, puis il a répété son geste une autre fois en glissant sa main sur sa poitrine, “ tes écrits sont sensuels” a-t-il rétorqué pour justifier le passage à l’acte, elle lui a retiré la main en lui disant que non elle le ne le connaissait pas que ces choses-là se faisaient avec du temps, elle s’est assise sur le canapé la tasse à la main l’angoisse montante, il a retenté la même approche, une fois la main sur son ventre il a commençait à mouiller ses doigts, elle l’a repoussé d’un autre non une dernière fois audible.


Elle buvait la gorge étranglée masquant sa peur qui habitait chaque millimètre de son être, son corps était bloqué rigide, elle était là mais n’y étais plus en même temps, il avait glissé sa main dans son pantalon effleurant ses lèvres vaginales, elle a pourtant trouvé le courage de dicter une phrase à peine censée, “je ne sens rien ça sert à rien de me forcer”, en se levant et s’asseyant près de l’ordinateur, il lui glisse à l’oreille une dernière phrase : comment tu as fait pour faire des enfants, dans tes livres tu as l’air plus sensuelle, as-tu des copines célibataire?”


Il a quitté l’appartement, elle répondait poliment à des aurevoirs, une fois la porte fermée elle avait
compris que ce qui venait de se passer n’aurait jamais dû arriver, pourquoi elle n’avait pas bougé,
pourquoi n’avait-elle pas pu se libérer de cet instant écœurant, elle savait qu’elle avait plusieurs fois
dit non, avait-il raison quand il lui disait que ses livres l’avait excité, elle savait que comme E.L.
JAMES, son écriture poussait au fantasme, devait-elle être une marchandise ?

Elle avait honte, se sentait sale, elle l’avait fait rentrer chez elle après tout on penserait quoi d’elle,
pourquoi au premier signe n’avait-elle pas réagie, elle se rappelle lui avoir dit que ce n’est pas parce
qu’elle avait écrit ce livre qu’elle en cherchait la situation, elle était perdue, coupable, sale et honteuse, jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle avait été la victime d’un porc.

Ce n’était pas à elle de se sentir honteuse, elle avait plusieurs fois repoussé ses avances, la sidération
et la peur l’avait poussé à être tétanisée mais sa réflexion l’avait repoussé, elle n’avait pas à avoir
honte d’être romancière, c’est lui qui avait sali et fait d’elle ce qu’elle n’était pas, oui elle avait fait
rentrer dans sa maison cet homme pour un thé mais devait-elle être responsable de ce qui allait se
passer ?


C’est ainsi que s’achève le récit de cette femme qui continuera à voix haute d’écrire et faire rêver,
dénoncer tout autant des choses pourries qui se produisent en société, car sa plume ne cessera
jamais d’écrire, de gratter, de pointer, parce que des esprits malveillants s’en servent d’excuses pour
calfeutrer leurs méfaits.

Les Multiplumesd’Elna


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